V comme Voyages interplanétaires
"Il est possible que certains voyageurs interplanétaires, s'ils sont en état de grâce, puissent aller au paradis sans passer par la
mort."
Déclaration du père Luis Marcos, docteur en théologie de l'Université pontificale, 11 novembre 1957
On se croirait au Monopoly: Ne passez pas par la case mort, ne touchez pas l'assurance-vie... Sympa pour les héritiers.
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Madame Lagarde, ministre de son état, fait appel à "l'intelligence des Français".
S'agirait-il de résoudre un problème de nature existentielle? Par exemple : "Comment assurer à nos enfants un avenir meilleur que celui que notre présent laisse envisager?"
S'agirait-il de trouver une solution élégante à cette équation brutale : "Les bénéfices des uns sont les maléfices des autres"?
S'agirait-il de conceptualiser une nouvelle vision économique plus conforme à l'équité?
Non.
La question posée, cependant, est d'importance : comment alléger la charge de l'augmentation du prix du pétrole pour les salariés ?
En diminuant les bénéfices des industries pétrolières?
En redistribuant ces bénéfices?
En abaissant la TIPP ?
En augmentant les salaires de 140% pour compenser les hausses?
M'enfin, Français, usez donc de votre intelligence, puisque mâme Lagarde y fait appel!
Vous êtes bien décevants...
Heureusement, le gouvernement est intelligent à votre place, et vous propose une solution d'une brillante simplicité : "Changer de comportement".
Enfin! Ils ont compris! Ils vont "changer de comportement"!
Ils vont donc intervenir auprès des entreprises.
Ils vont donc supprimer les cadeaux fiscaux des uns pour compenser les pertes des autres.
Ils ont compris, ils vont donc...
Ils vont donc nous faire faire du vélo.
Chouette! En plus, on maigrira!
Madame Lagarde, ministre de son état, se félicite par ailleurs de "la grande qualité des transports en commun en France", et nous invite à les utiliser. Elle s'engage quant à elle à "donner
l'exemple."
Ses motards de protection sont donc requalifiés en "cyclopédistes". Elle-même suivra en cyclo-pousse.
Ou prendra ces "transports en commun de grande qualité" qui lui permettront - parce qu'elle se lève tôt, elle - dès 6 heures du matin de rejoindre son lieu de travail parisien depuis sa
(grande) banlieue de résidence.
Allons, Français, encore un effort! Faites "marcher" votre intelligence, que diable!
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Notre Hyper, parcourant l'exposition Courbet au Grand Palais, a refusé de se faire prendre en photo devant L'Origine du monde, tableau représentant
de façon très réaliste un sexe de femme - d'où le titre.
On peut s'interroger sur ce refus d'apparaître ainsi devant un chef-d'oeuvre de la peinture française du 19e siècle. Trois possiblités :
- Notre
Hyper ne veut pas choquer l'électeur sarkozyste de base.
En ce cas me voilà rassurée quant à la justesse de mon intuition première : l'électeur sarkozyste de base, comme je l'avais subodoré sans pouvoir jusqu'ici avancer d'arguments étayés et
pertinents, l'électeur sarkozyste de base, donc, appartient à l'arrière-garde aussi bien artistique qu'intellectuelle. Car si l'électeur sarkozyste de base doit être choqué de voir son
président devant un tableau de 1866, on ne peut que s'inquiéter sur sa capacité à appréhender le monde moderne (et même post-moderne).
- Notre Hyper imagine que ses électeurs seraient choqués - alors même qu'ils ne le seraient pas.
L'électeur sarkozyste de base est plus évolué que l'on pourrait le penser, et l'on s'en réjouit. Mais Notre Hyper se montre alors bien démagogique, ce qui n'est pas la marque des véritables chefs
d'Etat.
- Notre Hyper est lui-même choqué par cette représentation du sexe féminin.
Peut-être juge-t-il cette peinture indécente. Obscène.
Se pose alors la question de l'obscénité: que peut bien recouvrir cette notion pour Notre Omni?
Pour lui, la peinture d'un sexe de femme peut être obscène.
L'art peut donc être obscène.
Pourquoi pas, après tout.
Mais l'argent, qui autorise tout?
Mais les bénéfices du CAC40, exempts de contributions sociales?
Mais les "grands" patrons rémunérés à hauteur de leur incompétence - des centaines de milliers d'euros?
Mais les retraites-chapeaux?
Mais les malades, "irresponsables" et donc taxés?
Mais les travailleurs pauvres, à la rue?
Mais les expulsions, du bébé au vieillard?
Mais ce mépris "décomplexé" des possédants empoisonnant la France, jour après jour?
Ce n'est pas obscène, tout ça?
Question de définition, sans doute.
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Entendu hier (informations sur France 2) à propos du salaire du président de Notre Belle République, qui passe de 6000 euros nets à 19000 euros
(bruts):
" Ce n'est pas une augmentation.", (dixit Notre Hyper).
Nous en prenons note.
Jusqu'à présent, les mots avaient un sens:
Augmentation:accroissement en quantité, en nombre, en valeur, etc. (Le Petit Larousse).
Aujourd'hui, bénéficier de
140% "en plus", ce n'est pas une augmentation.
Qu'est-ce que c'est, donc?
Rien.
C'est "quelque chose", un "truc", un "machin" qui n'a pas de nom.
Car dans la phrase suivante, Notre Hyper ne qualifie pas cette "chose"; non, il passe à autre "chose": "Ce n'est pas une augmentation. Moi, je veux la transparence."
Rapport entre "la transparence" et ce "truc en plus" de 140%?
Aucun.
Que dit le journaliste?
Rien.Sans doute est-il en train de penser, comme tous les sujets de Notre Hyper, à quel point il
aimerait bénéficier d'une "non-augmentation" salariale de 140%.
Il y a quelques décennies, Magritte avait sous-titré l'un de ces tableaux représentant une pipe : "Ceci n'est pas une pipe." En affirmant cela, il attirait l'attention sur la différence entre
l'objet et sa représentation.
Ici, avec cette augmentation qui n'en est pas une, il s'agit de tout autre chose; il ne s'agit pas ici de réfléchir, de s'interroger. Ici, on cache, on triche, on dissimule.
Lorsque les mots perdent ainsi leur signification, lorsqu'on leur fait ainsi violence, on se rapproche de la "novlangue" d'Orange mécanique: violence sur les mots, violence sur les
esprits.
Les mots changent de sens, puis disparaissent...
Les mots, d'abord.
Et puis?
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